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Le premier tour des présidentielles - une surprise?

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Le premier tour des présidentielles françaises qui s’est déroulé le dimanche 22 avril a réservé des surprises, tel le score de l’extrême droite non prévu par les sondages. Quels enseignements faut-il en tirer ?

Les français veulent du changement

Constance Marécheau | 2013. Janvier 25. 11:43

Le premier tour des élections présidentielles française, dimanche 22 avril, s’est révélé unique à plus d’un titre. Pour la première fois sous la Ve République le président sortant arrive en seconde position. Ensuite le Front National a réalisé un score record de 17,9 pourcent des voix, soit un point de plus que lorsque Jean-Marie Le Pen avait accédé au second tour en 2002. Que faut-il retenir de ce vote ? Tout d’abord un net rejet du sarkozysme mais surtout un besoin de changement exprimé par les français lors de ce scrutin qui mène à des transformations de la scène politique.

François Hollande, le candidat PS vainqueur du premier tour déclarait au soir du premier tour que sa victoire était « une sanction du quinquennat de Nicolas Sarkozy et un désaveu du candidat sortant qui a fait le jeu de l’extrême droite ». Il lie ainsi clairement sa première place à l’important rejet du président sortant au sein de la population française.

*Le rejet du président sortant

Ce vote « anti-sarkozy » ne s’est pas seulement traduit par le bon score de François Hollande comme le souligne ce dernier. La conséquence majeure de ce « ras-le-bol » est la forte progression du vote pour le Front National par rapport à la présidentielle de 2007. Sa candidate, Marine Le Pen, a en effet obtenu 17,9 % des suffrages exprimés contre 10,44 % pour son père en 2007. Il faut également souligner qu’en 2002, lorsque Jean-Marie Le Pen s’était qualifié pour le second tour avec 16,9%, l’abstention était assez élevée (28,4%). Or, cette année elle était d’environ 20%. Le score du FN a donc progressé en pourcentage mais aussi en valeur absolue. Force est de constater que contrairement à 2007 la campagne très à droite de Nicolas Sarkozy qui a joué entre autres sur les thèmes de l’immigration et de l’insécurité n’a pas convaincu les électeurs du Front National. Il s’agit d’une nouvelle preuve du rejet du président sortant. Ensuite, le candidat du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, a quant à lui appelé à voter « contre Nicolas Sarkozy » et non pas pour François Hollande. Une nuance certes mais qui a son importance.

*Une aspiration au changement

Il serait toutefois trop réducteur d’expliquer les résultats du premier tour de l’élection présidentielle par le simple rejet du président sortant. Le second enseignement à en tirer est la volonté de changement qui a transparu du vote des français. Un net progrès de la gauche est d’abord à noter. En effet, François Hollande est arrivé en tête avec 28,63% des suffrages ce qui constitue le meilleur résultat d’un candidat PS au premier tour, excepté François Mitterrand en 1988 mais il était le président sortant. En 2007 Ségolène Royal avait obtenu 25,87% et Lionel Jospin 16,18% en 2002. Le Front de Gauche mené par Jean-Luc Mélenchon a également permis aux partis d’extrême gauche de renouer avec un score à deux chiffres pour la première fois depuis 1981, même s’il fut plus faible qu’espéré.

Ces résultats de la gauche montrent que plus qu’un désaveu du président sortant, c’est le désaveu de la droite au pouvoir depuis 1995 (avec toutefois l’intermède que constitue la cohabitation de 1997 à 2002) qu’ont exprimé les français. Le même constat domine à l’autre extrême du spectre politique, de manière inquiétante cette fois. Il semble impossible d’imputer le haut score de Marine Le Pen uniquement à une autre sorte de rejet du sarkosysme. Il semble clair que les français veulent du changement. Le changement est d’ailleurs le mot-clé de la campagne du candidat socialiste qui appelle à voter pour lui « ceux qui veulent clore une page et en ouvrir une autre ». Il ajoute qu’il est « le candidat du rassemblement pour le changement ». Lors de la campagne, de nouvelles forces politiques sont apparues. Le Front de Gauche d’abord, en témoigne la déclaration de Jean-Luc Mélenchon au soir du 22 avril : « Nous aurons été la force politique nouvelle, la seule qui ait percé et soit née dans cette élection ». Ensuite, le Front National n’est pas une force politique nouvelle mais s’est imposé comme incontournable à droite, d’autant plus que l’unit é de l’UMP semble menacée en cas de défaite de Nicolas Sarkozy.

En conclusion, le premier tour des présidentielles a entériné la baisse de popularité du président sortant, déjà visible au long de son quinquennat, et a démontré l’aspiration des électeurs français à un changement radical à travers le vote pour la gauche et l’extrême-droite. Cette dernière manifestation d’une volonté de renouvellement de la politique française est néanmoins inquiétante.

Des élections sans surprise

Eve bourdillon | 2013. Janvier 25. 11:43

Les quatre partis ayant reçu le plus de voix ont été, dans l'ordre décroissant, le Parti Socialiste, l'Union pour un Mouvement populaire (UMP), qui est le parti de Nicolas Sarkozy, le Front National pour l'extrême droite et le Front de gauche. Ces résultats qui donnent la meilleure place aux deux grands partis habituels montrent que les français sont satisfaits de leur système politique. Il y a bien l'expression d'un certain mécontentement lié à la crise, mais elle se fait par les moyens traditionnels.

Les premières estimations données le soir des élections ont surpris les français. On y annonçait que Marine Le Pen, candidate du Front National, avait recueilli 20 % des voix. L'écart entre le président sortant, Nicolas Sarkozy, et le favori, François Hollande, était d'environ trois points. Cependant, ces estimations étaient exagérées. Le Front National n'a finalement été choisi que par 17,9 % des électeurs et l'écart entre les deux favoris n'est que de deux points. Loin d'être une surprise, ce score correspond aux prévisions des instituts de sondages. Il s'inscrit dans la tradition française de l'alternance politique. Les résultats de ce premier tour de l'élection présidentielle nous montrent une population mécontente de la situation qu'engendre la crise économique, mais la persistance du système habituel de contestation.

*Le score du Front National, une réaction habituelle en temps de crise

Ce qui a le plus surpris lors de l'affichage des résultats estimés, c'était bien sûr les 20 % de Marine Le Pen. Pourtant, la grande majorité des sondages lui donnaient déjà le troisième plus gros score. Ce succès n'est pas une révolution dans la vie politique française car le Front National avait accédé au second tour de l'élection présidentielle en 2002. Il s'agit d'un parti bien ancré dans le paysage politique français. Il existe depuis plusieurs dizaines d'années et, bien qu'il n'ait jamais joui d'une image positive dans l'opinion publique, chacun connaît ses positions sur l'immigration, la souveraineté et l'identité nationales. Ce regain de nationalisme n'est qu'une réaction normale face à la crise européenne. Le protectionnisme et la xénophobie sont en effet les réponses habituelles devant toute crise économique. Le vote en faveur du Front National a aussi été le vote contestataire par excellence. Son ampleur montre simplement que les français sont conscients que le pays ne va pas bien et qu'une partie d'entre eux pense qu'un changement radical de politique serait le bon remède.

*L'alternance avec François Hollande, la norme

Il est de règle en France que le parti vainqueur d'une élection perde la suivante. Quel que soit le dirigeant, la population en sera mécontente et se tournera vers la principale force d'opposition. Ainsi, après avoir élu M. Sarkozy président de la République, le Sénat est passé à gauche grâce à un nombre important de sièges remportés par le Parti Socialiste. Cette élection était néanmoins indirecte et la population n'a donc pas encore eu l'occasion de vraiment exprimer sa déception. Comme nous l'avons déjà souligné, la déception vis-à-vis de l'action des hommes politiques au pouvoir est une maladie chronique dont souffre la plupart des français dès la naissance. Il est donc parfaitement normal que le candidat du Parti Socialiste ait recueilli 28, 63 % des voix. Ce choix s'inscrit dans la tradition politique française. Il exprime bien sûr une envie de changement, comme le rappel le slogan de François Hollande « Le changement, c'est maintenant », mais ce désir est exprimé par les voies habituelles.

*Nicolas Sarkozy au second tour, la crise relativisée

Malgré le mécontentement des français à cause de la crise, Nicolas Sarkozy a tout de même obtenu 27,18 % des voix. Cela signifie que plus d'un quart des votants souhaitent conserver le même président. Cette forte proportion montre qu'au-delà de leur constant mécontentement, les français ne perçoivent pas la crise économique ou les récentes évolutions politiques comme dramatiques. La majorité de la population a voté pour des partis modérés. Nous pouvons en déduire que le système actuel convient bien à la France et qu'elle ne souhaite pas en changer. Les deux partis qui accèdent au second tour sont les mêmes qu'aux élections présidentielles précédentes. Ce fait peut être interprété comme la preuve que, dans le fond, les français ne sont pas tellement hostiles aux politiques qui sont menées.

*Le score du Front de gauche : l'unique petite surprise

Le résultat qui s'est le plus éloigné des prévisions des sondages est celui de Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche. Cette formation politique a été crée spécialement pour ces élections par la gauche de la gauche qui trouve le parti socialiste trop à droite. On le donnait souvent au coude à coude avec le Front National. Il n'a pourtant reçu que 11,10 % des voix. Il voulait s'imposer en tant qu'opposition la plus radicale à l'UMP, le parti auquel appartient Nicolas Sarkozy. Le changement proposé était trop important et trop « gauchiste ». Ce score est quand même très supérieur à celui que réalise habituellement l'extrême gauche et promet un renouveau de ce courant politique en perte de vitesse depuis les dernières décennies. Cela peut être interprété comme la volonté des français de conserver des valeurs socialistes. N'oublions pas qu'elles étaient la base de la France de l'après-guerre.

Cet article m'a convaincu.

Cet article présente intentionnellement un seul parmi les différents points de vue existant sur cet enjeu. Son contenu ne reflète pas nécessairement l'opinion personnelle de l'auteur. Je vous invite à prendre connaissance de la philisophie de Duel Amical.

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