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Les élections européennes en Italie

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Tous les Italiens semblent tomber d'accord sur le fait que leurs partis politiques voient les élections au sein de l'Union Européenne comme un simple « thermomètre politique », plus que comme un vote d'une importance cruciale pour les enjeux européens.
Source: wikipedia

Des élections locales ou européennes ?

Francesca Romana Bastianello | Traduit par: Déborah DE COMARMOND | 1970. Octobre 09. 20:00

Il reste moins d'une journée avant les prochaines élections européennes. Dans un climat de bouleversements et d'attente conséquente, les élections semblent désormais davantage une affaire de politique intérieure et de légitimation qu'un réel engagement pour le futur de l'Europe.

Le gouvernement actuel est formé de la coalition du Partito Democratico (PD) – dont le premier secrétaire est l'actuel Premier Ministre Renzi, Nuovo Centro Destra (NCD), de l'Unione di Centro (UDC), et de la Scelta Civica du précédent Premier Ministre. Ainsi, leur profonde différence d'idéologie et de programme a conduit à la répartition des trois partis au pouvoir dans des alliances européennes différentes. Le PD soutient le Parti des Européens Socialistes, le NDC préfère le Parti populaire européen, tandis que Monti a choisi l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe. Pour le Partito Democratico, le vote de mai prochain a pour principale visée d'obtenir la légitimation électorale que Renzi n'a jamais eue en tant que Premier Ministre, et ainsi justifier son agenda de réformes – et plus particulièrement celle qui concerne les élections, à présent gelée par le Senato (la seconde chambre italienne). Cependant, leur succès est loin d'être garanti, rapport aux différentes voies européennes que les membres de la coalition ont prises et au faible soutien dont le NCD et la Scelta Civita jouissent – lequel ne devrait pas même excéder le seuil des 4% - et la montée en puissance du Movimento 5 Stelle.

*Une opposition controversée

Le marginal Movimento 5 Stelle (M5S) fondé par le comédien Beppe Grillo – nom qui explique le sobriquet de « Grillini » dont ses membres sont affublés – et le parti d'extrême-droite xénophobe Lega Nord sont les deux principaux partis d'opposition ; mais leur seul point commun est bien l'euroscepticisme. Grillo apparaît capable de confirmer son succès électoral de 2012, lorsque le mécontentement et la consternation des Italiens face aux anciens partis, égoïstes et indignes de confiance, a croisé la route de l'anti-politique Movimento.
Le PD a bien tenté de rajeunir son image avec Renzi – qui partage de fait plus d'idées avec le centre qu'avec les vrais partis de gauche – mais une bonne part de la population (25%) préfère encore Grillo. Sa sélection « démocratique » des candidats, par une procédure de vote informatisée, vise la participation civique directe, mais élève dans le même temps des doutes consistants quant aux compétences et buts de Grillini, doutes souvent fondés. En fait, beaucoup de membres du parti sont choisi en fonction de la sympathie qu'ils éveillent parmi la foule, plus que grâce à leurs réelles compétences et leur expérience dans les affaires politiques.

Même la Lega Nord a changé son image pour les élections européennes, lorsqu'elle a choisi Salvini, connu pour sa compagne électorale anti-euro. Le parti a rejoint le Mouvement pour une Europe de Libertés et de Démocraties. Au contraire, le M5S est resté fidèle à son isolation politique et n'a rejoint aucune alliance européenne.

*Le parti fluide

Encore plus compliquée est la position de la récemment resuscitée Forza Italia, parti sous les drapeaux duquel Berlusconi a gouverné l'Italie jusqu'en 2007 - date de la fondation du Popola Della Libertà. La décision de la Cour de condamner Berlusconi pour fraude fiscale semble avoir paradoxalement ravivé sa popularité – la population lui ayant toujours voué un fort attrait – et conséquemment, son énergie dans l'arène politique. Récemment, en novembre, il est revenu sur son soutien au gouvernement Letta et a décidé de quitter le Popolo della Libertà pour refonder la Forza Italia. Cependant, une partie de son entourage proche a désapprouvé cette décision ; en première ligne, Angelino Alfano, qui a fondé le NCD et ainsi engendré une profonde fissure dans la coalition de droite. Le changement de gouvernement, avec l'affectation de Renzi (PD) au poste de Premier Ministre en février dernier, n'a pas substantiellement fait évoluer la situation, malgré l'implication initiale de Berlusconi dans l'ébauche des principales réformes, en particulier celle qui visait la loi électorale. L'ex-premier ministre persiste dans sa stratégie consistant à n'approuver que ce qui est dans son intérêt direct, et sa forte personnalité garantit une remarquable soutien au sein de la population. Forza Italia a rejoint le Parti populaire européen et Berlusconi compte sur un le plébiscite le plus fort pour regagner de l'influence dans la politique intérieure, les sondages lui attribuant 20% des intentions de vote.

 

Tous les partis politiques se montrent finalement plus intéressés par le poids dans la politique intérieure qu'ils pourraient potentiellement gagner de par leur succès aux élections Européennes, plutôt par la manifestation d'un réel engagement supranational. Il est vrai que ces élections seront une opportunité à saisir pour comprendre les préférences électorales après le changement inattendu de gouvernement en février 2014, mais les politiciens devraient se rappeler que nous votons pour notre futur en tant que citoyens européens, pas pour réagir à leurs caprices. La situation dans laquelle nous nous trouvons reflète parfaitement la caste politique, où les intérêts personnels et l'ambition, de même que les désaccords personnels et les disputes, déterminent les alliances et programmes politiques. Dans ce contexte, il n'est pas étonnant qu'une part toujours croissante de la population ait pris l'habitude de s'abstenir de voter. Et c'est précisément elle, l'abstention, la réelle rivale de chaque parti politique ; un ennemi qu'ils devraient combattre ensemble pour garantir la base de la démocratie, à savoir la participation active de ses citoyens

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