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Faut-il quitter Facebook ?

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Le Pdg du plus grand réseau social au monde, Mark Zuckerberg, a été convoqué par les sénateurs et représentants américains au Congrès des Etats-Unis ce mardi 10 avril 2018 suite au scandale « Cambridge Analytica », qui a impliqué la vie privée de 2,13 milliards d’utilisateurs. Ce scandale, ainsi que les précédentes affaires impliquant Facebook, remettent en question le cœur du business model de l’entreprise.

Le naufrage de Facebook

Jean-Baptiste Hubert | 2018. Avril 16. 18:39

Le récent scandale liant le géant du web et Cambridge Analytica n’est que la face visible d’un iceberg massif, ironiquement épargné du réchauffement climatique. Les données personnelles sont devenues une crypto-monnaie, au même titre que le Bitcoin, s’échangeant avec passion entre détenteurs et investisseurs, avides de façonner le monde à leur image. Une société où siège aujourd’hui Président Trump ou Poutine, aidé dans leur ascension par ces nouveaux traders.

* Facebook, le laxisme poussé à l’extrême

Détenir un outil suffisamment puissant pour influencer quotidiennement deux milliards de personnes implique nécessairement de grandes responsabilités. Il suffit de se pencher sur l’histoire de Facebook pour réaliser que cela n’a jamais eu lieu. Débutons l’introspection en janvier 2016 où la politique de modération indiqua qu’une vidéo diffusant deux adolescents manifestement en plein acte sexuel forcé, "n’allait pas à l’encontre des standards de Facebook". A contrario, on remarque une censure généralisée sur des causes qui méritent la plus grande exposition possible, à l’image d’une campagne alertant sur le cancer du sein début 2018, injustement effacée pour une poitrine "trop apparente". Vient ensuite l’ingérence durant la campagne présidentielle américaine, avec plus de 29 millions d’électeurs ciblés par des programmes numériques russes achetant des espaces publicitaires sur la plateforme. Cela couplé aux fameuses "Fake News", se propageant sur Facebook sans qu’aucune mesure ne soit prise, permettait d’envisager sans surprise la victoire du magnat de l’immobilier. Finalement, la polémique Cambridge Analytica ne paraît pas différer des précédents déboires, à cela prêt qu’il s’agit tout de même de la vente de données privées, sans consentements des utilisateurs. Votre vie privée ne l’est plus d’aucune sorte.

*Un dirigeant qui n’est pas à la hauteur

Facebook naissant, il s’agissait d’une idée simple mais novatrice de connecter des étudiants, dans un premier temps de Harvard puis, succès grandissant, d’un panel bien plus étendu de la population. Si Mark Zuckerberg a su s’imposer initialement comme un chef de fil, il n’en est rien aujourd’hui. En effet, la start-up californienne à la croissance exponentielle (431 millions d’abonnés en 2010 contre 2.13 milliards en 2017) a dépassé toutes attentes, et par cela, le leadership de son capitaine.
Ce personnage reste un mystère pour la plupart des gens : grand naïf à la tête bien remplie ou grand méchant loup? Nul ne saurait dire tant actes et mots diffèrent au sein de son entreprise. Lorsqu’il indique le 21 mars 2018 suite au nouveau scandale : "Cela a constitué un abus de confiance très important et je suis vraiment désolé" suivit de "J’ai lancé Facebook, et au bout du compte, je suis responsable de ce qui s’y passe", on le prendrait pour la victime d’un système qui privilégie l’argent aux gens. George Gipe déclarait "La responsabilité consiste à faire ce qu’il convient avant d’être puni, pas après"; difficile alors d’accoler cette qualité au jeune prodige.
Un CEO se doit d’avoir un cap : Travis Kalanick en a fait les frais, à la tête d’Uber depuis 2009, il a été remercié par les actionnaires, soucieux de l’image négative transmise par le jeune homme d’affaire. Je pense ne pas prendre de risque en disant que Mark Zuckerberg ne sait plus où il va, voguant au grès des polémiques et scandales. CNN relève déjà que la vedette de la Silicon Valley est passée en un an de "chouchou pour 2020 […] à calamité politique". L’avenir est donc incertain quant au maintien de son statut.

*Des alternatives fiables

Avant de décrier Facebook, il faut être en mesure de proposer une alternative remplissant les fonctions primaires de la plateforme. Une étude BDM révèle que 54% des internautes vont sur Facebook pour regarder des photos et vidéos, 50% pour partager des moments avec leurs amis, 43% pour accéder à des contenus divertissants. Paradoxalement, les gens commentent mais ne mettent pas forcément à jour leur profil, 25% ne l’ont jamais fait et seul 10% le font chaque jour. De surcroît, une autre grande raison de rejoindre ce réseau est l’application Messenger qui regroupe 1.3 milliards de membres aujourd’hui. Au regard de ces attentes, nous pouvons montrer qu’il est tout à fait envisageable de les combler.
Vos souhaitez des nouvelles certifiées et utiles : rejoignez "Nuzzel"! Cette application se synchronise avec vos réseaux sociaux favoris tels que LinkedIn ou Twitter pour vous en donner accès. Messenger vous manquera? Que diriez-vous d’utiliser "WhatsApp", à la fois pratique et cryptée, cette messagerie répondra à tous vos besoins ! Manquer un événement de votre école ou de votre ville vous fait peur? "Paperless" est à votre service pour envoyer par message des invitations et "Doodle" vous permet de décider d’un créneau pratique pour tout le monde. Et puis, si vous n’êtes pas invité sans Facebook, posez-vous des questions sur la sincérité de vos "amis". Si ce sont les "groupes" qui vous sont importants, essayez "GroupMe", une application créant un chat de groupe vous permettant de discuter et planifier avec vos collègues. Finalement, si c’est la disparition de l’alerte "Aujourd’hui c’est l’anniversaire de Paul, souhaitez-lui un bon anniversaire !" qui vous retient, inscrivez la date sur votre téléphone ne vous prendra pas plus de 20 secondes.
Ainsi, malgré une idée novatrice, porteuse, qui a su séduire un tiers de la population mondiale, Facebook semble à bout de souffle tant la confiance avec ses utilisateurs est érodée. Aux demandes de Mark Zuckerberg de lui attribuer une nouvelle fois notre confiance, je répondrai "La confiance s’acquiert, elle ne se demande pas : qui la mérite n’a pas besoin de la demander", Emile de Girardin.

#NeSupprimezPas*

Veronika Bajnoková | 2018. Juin 04. 17:30

Avec la nouvelle tendance du hashtag #DeleteFacebook, les utilisateurs du réseau social sont encouragés à quitter leurs comptes en raison d'une mauvaise utilisation de leurs données personnelles. En effet, nos données seraient collectées tous les jours partout. Quitter Facebook nous aiderait-t-il alors réellement à éviter cela ?

*Notre vie privée n’est peut-être plus si en sûreté

Nous vivons à l'ère où notre vie privée est menacée par la technologie. Par conséquent, les individus craignent que leurs renseignements personnels ne soient mal utilisés. La menace actuelle contrevenant à ce droit humain fondamental est largement discutée dans le monde entier. Grâce à de récentes nouvelles venant de l'Est, nous sommes informés des strictes technologies de surveillance utilisées en Chine. Les caméras à reconnaissance faciale, qui nous rappellent de façon frappante le « Big Brother » de George Orwell, terrifient non seulement les habitants du pays, mais la population mondiale en général. Même si le continent européen a jusqu'ici évité cette dystopie, les gens ne se sentent plus en sécurité concernant leurs affaires personnelles…

En Europe, c’est l’utilisation des réseaux sociaux qui pose des questions de confidentialité. Ceux-ci permettent à leurs utilisateurs de partager chaque moment de leur vie avec leurs amis, leurs familles et bien d'autres. Facebook est devenu le média social le plus puissant depuis son lancement en 2004. Le service de réseautage social est né avec Mark Zuckerberg et est devenu instantanément célèbre et populaire. Le nombre de ses utilisateurs actifs mensuels a aujourd’hui dépassé les 2 milliards de personnes. Cela signifie que près d'un tiers de la population mondiale totale est connectée uniquement via Facebook, et un tel réseau de médias sociaux a naturellement un grand impact sur la société dans laquelle nous vivons.

*Facebook, une part importante de notre vie, mais pas pour autant un journal intime

L'objectif initial de Facebook était de connecter les gens autour de l'Université d’Harvard. Après s’être étendu à d'autres universités aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni, Zuckerberg a également ouvert le réseau social aux écoles secondaires. Ce n'est qu'après septembre 2006 que Facebook est devenu accessible à un plus large public. S'appuyant sur son rapide succès, Facebook a élargi ses options pour que les utilisateurs puissent non seulement discuter avec leurs amis, mais aussi suivre différentes pages, créer des groupes et des événements, télécharger des photos et des vidéos et partager leurs moments avec 2 milliards d'autres personnes. Mais pour empêcher le libre accès à ses informations personnelles, un utilisateur peut modifier ses paramètres de confidentialité et limiter l'accès des autres utilisateurs à ses données.

Cependant, il semble que beaucoup de gens ont mal compris la dénomination « ami » sur Facebook. Si de nos jours, on a tendance à avoir un millier de personnes sur sa «liste d'amis» Facebook, il est néanmoins impossible de les connaître toutes personnellement. Il est alors très important de reconsidérer quelles personnes peuvent avoir accès à nos données personnelles et réguler les informations que nous décidons de télécharger. Si quelqu'un a une "liste d'amis" composée de plus de cinq cents « amis », il est très dangereux, par exemple, de laisser en libre accès un numéro de téléphone sur son fil d’actualité ou de l'envoyer via l'application Messenger. C'est aussi l'une des raisons pour lesquelles le fil d’actualités des utilisateurs est parsemé de contenu indésirable, de canulars ou de spams. Cela peut également être dangereux si quelqu'un « aime » des pages ou fait partie de groupes qui ne sont pas vérifiés et qui peuvent potentiellement partager des « messages » nuisibles en son nom. Il appartient aux utilisateurs eux-mêmes de décider quelles pages ils veulent suivre, mais ils doivent être prudents.

*Pourquoi avons-nous néanmoins besoin de Facebook ?

Une fois que vous faites partie de Facebook, il n'est pas si facile de quitter ce monde en ligne, même si de nombreuses applications seraient capables de se substituer à certaines de ses fonctions. Cependant, trouver une unique application qui pourrait complètement remplacer Facebook et Messenger dans nos vies ne semble pas si évident… Il y a plusieurs raisons qui empêchent les utilisateurs de quitter Facebook. En premier lieu, ils se sont habitués au confort et à la simplicité offerts par ces applications. En outre, la suppression de son compte Facebook signifierait non seulement quitter certaines communautés, mais aussi perdre le contact avec de nombreuses connaissances. C'est un endroit où les gens peuvent se lier, même s'ils vivent dans différentes parties du monde.

D'un autre côté, après le scandale Cambridge Analytica, le hashtag #DeleteFacebook s’est largement manifesté sur Twitter. Cela n'a néanmoins pas entraîné de bouleversement majeur, puisque le PDG Mark Zuckerberg a déclaré au New York Times qu'il n'avait pas vu un « nombre significatif de personnes » effacer leurs comptes Facebook. En outre, il ne faut pas oublier que Cambridge Analytica était une application tierce, et que pour avoir accès à l’une de ces applications tierces, bénéficier de l’accès aux données présentes sur votre Facebook est souvent nécessaire, voire obligatoire. Si vous décidez de quitter ce monde en ligne, vous ne pourrez plus compter sur l'avantage d'utiliser leurs services. Vous perdrez également l'accès aux applications auxquelles vous vous êtes connecté avec votre compte Facebook, ainsi que toutes vos données. Vous pourriez perdre, par exemple, un compte Instagram, toutes les chansons que vous avez téléchargées sur Spotify ou même des contacts avec des gens sur Tinder. Ainsi, avant de décider de quitter Facebook, assurez-vous d’y repenser à deux fois. Chaque chose a ses avantages et ses inconvénients, tout comme Facebook. Après tout, nous sommes ceux qui ont construit cette « société bleue ». Voulons-nous aujourd’hui alors vraiment y mettre un terme ou simplement corriger ses erreurs ?

 

*Version originale en anglais par Veronika Bajnoková; Traduction en français par Claire Lidsky

Cet article m'a convaincu.

Cet article présente intentionnellement un seul parmi les différents points de vue existant sur cet enjeu. Son contenu ne reflète pas nécessairement l'opinion personnelle de l'auteur. Je vous invite à prendre connaissance de la philisophie de Duel Amical.

Cet article m'a convaincu.

Cet article présente intentionnellement un seul parmi les différents points de vue existant sur cet enjeu. Son contenu ne reflète pas nécessairement l'opinion personnelle de l'auteur. Je vous invite à prendre connaissance de la philisophie de Duel Amical.

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