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Les élections présidentielles tchèques de 2018 : une opportunité pour une nouvelle dynamique ?

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Un quinquennat est passé et les citoyens tchèques élisent leur nouveau chef d’État. Le Ministre de l’Intérieur a confirmé le grand nombre de candidats, neuf, dont le président sortant, Miloš Zeman, très critiqué pour son incompétence. Les Tchèques sont confrontés à un grand choix de nouveaux programmes, et même si la popularité de Zeman reste importante, beaucoup se demandent si un nouveau chef d’État serait un pas en avant pour le pays. Pouvons-nous nous attendre à un tournant dans la politique tchèque ? Les auteurs sont Marie Lebeslé, étudiante à Prague, et Nicolas-Vincent Eberhard, un lycéen.
Source: Plzen.cz

L’espoir d’un changement

Marie Lebeslé | Traduit par: Clément Bouchet | 2018. Février 12. 19:02

Les Tchèques ont fait part de leur déception vis-à-vis de leur actuel Président, Miloš Zeman, par des manifestations, la Une des journaux, des publications personnelles et des débats. Zeman semble conduire l’État sans faire grand cas des aspirations grandissantes de tout un pan de la société. Cette élection est donc une opportunité qui promet du changement.

Jusqu’à mi-janvier, neuf hommes tenteront de convaincre les Tchèques qu’ils sont les mieux placés pour briguer un mandat de Président. Leurs campagnes sont actuellement toujours en cours. Le Président sortant, Milos Zeman, a déclaré ne pas être en campagne ; pourtant, il est possible de trouver à son sujet plusieurs émissions TV et affiches dans la rue. En parallèle, plusieurs organisations comme Generace s nazorem (La génération qui a une opinion) ou Jeden svet na skolach (Un monde dans les écoles) soulignent l’importance de l’élection à venir vis-à-vis des jeunes. Les élections étudiantes ont eu lieu dans 384 écoles, avec un nombre total de 43 559 de votes valides. Le candidat le mieux placé dans les sondages est pour l’instant Jiri Drahos (33.59%), un chimiste et ex-Président de l’Académie des Sciences de République Tchèque. Les étudiants veulent un nouveau visage à la Présidence, mais ils veulent aussi être membre actif de l’Union Européenne et de l’OTAN. L’Histoire nous a montré que tous les changements dans les sociétés et États ont été engagés et menés par les étudiants, et aujourd’hui les Tchèques appellent pour un tel changement.

*Viser à l’unité de la société tchèque

Durant les cinq dernières années, Zeman n’a rien fait d’autre que de diviser la société tchèque. Cela ne peut sans doute pas se discerner sur une échelle internationale, mais dans la réalité la population est partagée au niveau des opinions et des attentes. Zeman n’éprouve d’ailleurs aucune honte lorsqu’il utilise l’expression « Prazska kavarna » (le café de Prague) pour désigner ses opposants, qui débattent activement politique dans les cafés. Par le passé, ce terme était utilisé pour désigner les électeurs pro-européen, déterminés à supporter Vaclav Havel et sa politique. En désignant de cette façon ses opposants, Zeman crée un grand fossé entre les « intellectuels des grandes villes » et les « gens normaux ». Accentuer cette différence revient à accentuer la division de la société et plusieurs candidats re-mettent en avant, au cœur de leur programme, l’union du peuple tchèque, dont Pavel Fisher, un diplomate expérimenté qui a travaillé pour Havel. Zeman est très unilatéral, puisqu’il ne respecte pas les lois et ne s’excuse pas de ses offenses aux autres citoyens, tandis que Pavel Fisher offre politesse et décence. Michal Horacek (écrivain lyrique, entrepreneur, fondateur de l’entreprise de pari Fortuna) est aussi très motivé pour prendre les rênes du pays, bien qu’il ait avoué que ce ne sera pas aisé. D’autre part, il avait aussi ajouté que le rôle du chef de l’État est de rassembler et non le contraire.

*De nouvelles orientations diplomatiques pour le pays

Beaucoup de candidats veulent ramener la République tchèque au cœur de l’Europe. Ils veulent que la République Tchèque soit un membre actif de l’Union Européenne, ils veulent que le peuple réalise qui sont les véritables alliés du pays et pourquoi se tourner vers l’ouest est si important pour le pays. Ils veulent dénoncer les rapports abusifs de Zeman avec la Chine et la Russie, tous deux régimes autoritaires. Marek Hilser, un docteur activiste humanitaire, tire la sonnette d’alarme au sujet des objectifs de Zeman, qui veut « changer la direction de la politique étrangère tchèque vers les dictatures de l’Est ». Avant que Xi Jingping vienne visiter Prague en Juillet 2016, il avait pris l’initiative d’écrire au Premier Ministre (Bohuslav Sobotka), partageant ses inquiétudes au sujet de « l’ignorance cynique des violences chinoises envers certains de leurs propres citoyens », d’où le désaccord avec cette visite officielle du président chinois. Avec ce qui se passe actuellement dans le monde, la République Tchèque devrait revendiquer sa démocratie, et appuyer le respect des Droits de l’Homme. Après tout, la République Tchèque est devenue une démocratie il n’y a pas si longtemps, pendant la Révolution de Velours en 1989. Par conséquent, la nation devrait parler d’une seule et même voix quand il s’agit de politique extérieure.

*L’état de santé de Zeman

Ce n’est écrit nulle part, néanmoins un électeur avec un esprit critique dirait qu’un bon état de santé est une condition cruciale, voire sine qua non pour une candidature à la Présidence. Ce n’est pas uniquement nécessaire pour assurer correctement sa fonction, mais aussi pour être stable mentalement et être libre de toute influence. Le peuple veut un Président fort et actif. Ils veulent être représenté par un leader compétent, qui n’a pas besoin de garde du corps pour jouer le rôle d’infirmières. Pas d’ivresse, pas d’insultes. Une personne dynamique avec un programme qui n’a pas peur d’être secoué par ses opposants, ni de discuter certains points de vue. Et c’est bien ce dont est incapable le si silencieux Milos Zeman. La Présidence devrait bénéficier de plus de vitalité et forces, les Tchèques le méritent!

Changer est un risque irrationnel

Nicolas Eberhard | Traduit par: Clément Bouchet | 2018. Février 12. 19:03

Croissance économique, prospérité, stabilité financière et sécurité au beau milieu de la crise des migrants face à laquelle l’Europe se heurte… Cela décrit bien la Tchéquie de ces dernières années. Même si le président sortant, Milos Zeman, n’est pas la principale raison de ce succès, sa présidence a été suffisamment importante pour avoir contribué au développement tchèque. La question majeure est : dans quelle mesure un nouveau chef d’État pourrait être plus efficace que lui?

Neuf hommes, neuf points de vue sur le futur de la République Tchèque des cinq prochaines années. Deux d’entre eux seront choisi au premier tour ce weekend, et le gagnant sera désigné après le second tour, à la fin janvier. Aujourd’hui, le favori est Milos Zeman, grâce à sa grande popularité, grâce à sa carrière politique qu’il a débuté à l’aube de l’indépendante et jeune République Tchèque en 1993. Maintenant, il veut rester au pouvoir pour continuer son œuvre ; il ne fait aucun doute qu’il est très expérimenté, mais pour une minorité de la population, il semble trop fort ou, comme ils disent, trop arrogant, et c’est cette minorité qui veut le changement.

*Des sondages unanimes

Comme dans les autres pays, il y a de nombreux sondages qui analysent et décrivent les préférences des électeurs, dans le but de repérer le candidat qui a le plus de chance de gagner. En République Tchèque, il n’y a pas de différences et, quel que soit le sondage, le vainqueur est Milos Zeman. Les résultats sondagiers, jusqu’au dernier, sont sans surprise : Zeman atteint la première place, avec 42.5%, avec 15% d’avance sur le deuxième candidat et 30% sur le suivant. En plus, au moins 49% voteront pour Milos Zeman au deuxième tour, ce qui signifie qu’il est très probable qu’il soit élu pour cinq nouvelles années de prospérité. Il n’y a qu’une seule exception à ces sondages, qui sont les élections étudiantes qui ont pris place le mois dernier. Tous les étudiants de plus de 15 ans pouvaient voter. En tout, 42 559 votes valides furent comptés. Malgré le fait que Zeman n’est pas le candidat le plus populaire parmi les jeunes, à cause de son manque d’énergie, il est arrivé second, après Drahos, ce qui n’est donc pas un échec en soi. Si les sondages analysent la situation en détail, il semble que Zeman soit le gagnant dans les écoles technologiques et professionnelles. Par-dessus tout, les résultats des sondages sur la jeunesse ne peuvent être considérés comme une simulation d’élections, puisqu’une grande partie des jeunes électeurs ne pourront aller voter à la vraie élection, à cause de la limite d’âge. Dans tous les autres sondages, rien n’indique un changement possible pour la politique tchèque.

*Les cinq années passées au crible

Il est important de souligner les succès de Milos Zeman, comme le fait que la République Tchèque soit l’État le plus sûr de toute l’Union Européenne, avec le plus petit taux de chômage (oui, plus petit que l’Allemagne !). Il est intelligent, avec une opinion stable, et sait exactement quelles étapes suivre pour rendre son pays plus prospère encore. Il n’est pas du genre à dire oui à tout. Il sait ce que la majorité du pays veut quitter l’Union Européenne, ce qui est indésirable pour la prospérité globale, alors il tente de demeurer rationnel et essaye d’expliquer à la société qu’il n’y a pas d’autres projets pour ce pays. Mais, en tant que démocrate, il autorisera un référendum. Zeman tente de renforcer la prospérité de son pays en améliorant les relations avec les pays en développement comme la Chine et la Russie, mais aussi avec de potentiels futurs leaders dans de nombreux domaines, comme l’économie ou l’industrie. Pour donner un exemple, le mois dernier, il a emmené plus de 100 entrepreneurs en Russie afin de discuter d’une nouvelle coopération et des investissements. Il est donc permis de dire que Zeman est dynamique et qu’il a un vrai plan pour le futur, contrairement à ce que peuvent en dire les ses détracteurs.

*La tradition de la réélection.

En République Tchèque, il est possible d’être président pour 10 ans maximum, par conséquent le président n’a le droit qu’à un seul renouvellement de son mandat. Tous les anciens présidents ont été réélu une seconde fois, ce qui montre que la République Tchèque suit la tradition de la continuité. Ils sentent que le changement menace la prospérité. Les Tchèques ont peur des grands changements, comme l’ont montré leur refus systématique de l’Euro. Je pense que ces prédispositions guideront leur choix pour cette fois-ci encore.

Cet article m'a convaincu.

Cet article présente intentionnellement un seul parmi les différents points de vue existant sur cet enjeu. Son contenu ne reflète pas nécessairement l'opinion personnelle de l'auteur. Je vous invite à prendre connaissance de la philisophie de Duel Amical.

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L'état du vote

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Marie Lebeslé|Traduit par: Clément Bouchet

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