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Quel est l’avenir des relations russo-slovaques?

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La plupart des pays d'Europe centrale partagent un passé communiste compliqué avec la Fédération de Russie et la politique étrangère actuelle varie beaucoup d’un pays à l’autre en fonction de leur puissant voisin. Lorsque Andrej Danko, l’orateur du Parlement slovaque et président du Parti national slovaque s’est rendu en Russie fin 2017, il a choisi de tenir un discours amical, russophile, suscitant de nombreuses controverses. Cette visite a-t-elle marqué une nouvelle orientation de la politique étrangère slovaque à l'égard de la Russie? Et comment ses actions ont-elles été perçues de retour chez lui ?

Un événement étrange pour les étrangers, rien de nouveau pour les locaux

Machajdík Matúš | Traduit par: Szabó Viktória | 2018. Mars 13. 17:35

Dans la relation entre la Slovaquie et son « grand frère slave », la Russie a toujours été très amicale (malgré quelques cas qui dérivent de cette tendance). Ainsi, ce n’est pas une grande surprise qu’un représentant de haut rang se rende au centre du pouvoir de Poutine et annonce une futur étroite collaboration entre les deux pays.

La Slovaquie a mené une politique extérieure extrêmement efficace, frivole, hypocrite et opportuniste dès le moment oú le parti de gauche Smer qui gouverne actuellement (en coalition avec deux autres partis) a pris le pouvoir en 2012. Le premier ministre Robert Fico se revendique réaliste et a décidé que sa politique extérieure doit être conçue ainsi. Malheureusement pour lui, cette conception a mal tournée car Monsieur Fico n’a jamais pris de réel parti en cas de problèmes et les Slovaques ont remarqué les intentions derrière son jeu, et cela a rendu son parti démocrate-socialiste de moins en moins populaire lors des élections de 2016. Par conséquent, Robert Fico n’avait pas d’autre choix que d’entrer en coalition pour gouverner. Notre nouveau gouvernement se compose de trois partis (il se composait de quatre auparavant, mais le quatrième des partis s’est effondré) : le Smer, le SNS (le Parti National Slovaque), et le Most-Híd. Tous les membres de ce groupement épouventable (rappellons que ce parti supposé socialiste se coalise avec le parti SNS de l’extrême-droite, comme il l’a fait en 2006) ont signé un document dans lequel ils s’engagent de gouverner la Slovaquie dans une voie pro-européenne et atlantiste ! Tout cela a été remis en question récemment, châpeau bas SNS.

*Danko sort la carte de la Russie

Le 15 novembre, le haut parleur du Conseil National (le parlement slovaque), un juriste bien éduqué et le chef du parti nationaliste SNS, Andrej Danko, s’est offert une escapade en Fédération Russe. En plus de cette échappée, il a prononcé un discours devant les députés de la Chambre basse de l’Assemblée Fédérale Russe (Duma). Lors de cette production rhétorique plutôt ennuyeuse, il a enfin eu la chance d’épanouir sa russophilie retenue pendant trop longtemps. Par exemple, il a ainsi déclaré : « Nous somme des Slaves, notre culture, notre histoire mais aussi notre perception de nos entourages sont liées et proches. Nous nous comprenons, nous avons confiance l’un en l’autre ». En plus du fait que cela est faux (ce n’est pas seulement que les Slovaques ont été conquis et englobés dans la Hongrie alors que la Russie n’a pas été occupé une seule fois, mais la Bulgarie possédait la Macédoine pendant plusieurs années), cette déclaration peut être vu comme une insulte pour les Ukrainiens qui sont en train de défendre leur pays contre les assauts des « Révoltés » soutenus par les Russes. Un tel argument collectiviste doit être blâmé immédiatement comme une culture de victime, qui est du moins provocateur, voire dangereuse ! De nombreux députés slovaques ont été compréhensiblement désespérés par ce geste de soumission à l’Ourse Russe. Le chef du comité parlementaire de la politique extérieur, František Šebej, a attiré l’attention sur le fait que le président du Duma est sur la liste des sanctions américaine. Le député conservatif Peter Osuský a rappellé à Monsieur Danko que bien qu’il ait naturellement le droit d’exprimer ses propres opinions, il représente également la République Slovaque. Ce qui est encore pire, c’est que Monsieur Danko a refusé de blâmer l’annexion russe des territoires ukrainiens, ayant recours à l’excuse ancienne de « Je ne suis pas un historien » quand des questions concernant la Crimée lui ont été posées (les territoires ukrainiens ont été annexés par les troupes russes en mars 2014).

*La culture et l’histoire expliquent tout

En réalité, ce pas envers les russes ne change quasiment rien concernant les relations russo-slovaques. Bien sûr, il peut être considéré comme un petit dérapage, mais pas plus. La relation entre la Slovaquie et son « grand frère slave », la Russie ont toujours été très chaleureuse (malgré quelques cas qui dérivent de cette tendance). Ainsi, cela n’est pas une surprise qu’un représentant du haut rang se rende au centre de pouvoir de Poutine. Un sondage récent a démontré que parmi tous les pays des V4, c’est aux Russes que les Slovaques font le plus confiance (le groupe V4 comprend la Pologne, la République Tchèque et la Hongrie en Europe Centrale en plus de la Slovaquie). En tant qu’État majoritairement catholique et très conservatif, beaucoup de Slovaques (y compris l’ancien premier ministre catholique, Ján Čarnogurský) voient la Russie comme le protecteur des valeurs traditionnelles et comme une sorte de rempart contre une « Invasion musulmane » menaçante. Le premier ministre Fico a refusé de mettre en vigueur des mesures de sanction contre la Russie, il n’a cédé que sous la pression des députés européens -comme il le fait en général. Le haut parleur Danko avait participé à des débats organisés par des forces extrêmement anti-américaines et même anti-sémites (en jouant prudemment le rôle d’un neutre).

Une autre figure importante de l’émancipation slovaque et le créateur de facto de la langue slovaque, Ĺudovit Štúr, avait ouvertement déclarer désirer que la Slovaquie rejoigne la Russie avant la fin de sa vie. Cela crée une référence historique qui peut facilement être exploitée par de nombreux nationalistes de l’extrême-droite. Ils peuvent se référer à ce texte, à côté de la volonté des Slovaques de suivre les pas de leurs ancêtres. Quiconque se montre opposé à cela sera stigmatisé comme traître à sa patrie ou anti-Slovaque. Donc en effet, cette « visite historique » ne représente rien de nouveau pour les Slovaques, alors que pour un grand nombre d’étrangers, cela peut être surprenant.

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